Imaginez un air d’opéra qui s’élève dans une étable, un bandonéon argentin résonnant entre les montagnes, des musiciens de grandes scènes installés à un mètre du public, au milieu des bêtes. C’est la promesse des Concerts à la ferme, qui reviennent pour une deuxième édition du 26 au 28 juin en Haute Tarentaise.
L’idée a germé dans la tête d’Hélène Paillette, directrice générale et artistique, pendant le confinement de 2020. « Le ministère de la Culture avait lancé des appels à projets pour faire sortir les artistes des salles de concerts habituelles. Ça m’a donné l’idée d’aller dans une ferme » se souvient-elle.
Le concept est simple : amener des musiciens professionnels, habitués aux grandes scènes lyriques, au cœur du monde agricole. « Jeter un pont entre le monde artistique et le monde agricole, dans des zones rurales où il n’y a pas forcément une offre de proximité. »
Au milieu des montagnes et des Veaux
Lancée en 2023, l’aventure a tout de suite trouvé son public, curieux de franchir les portes de fermes où il n’avait parfois jamais osé entrer. Le secret ? Une intimité que peu de salles offrent. « Les artistes sont à un mètre du premier rang. Tout le monde est au même endroit » explique Hélène Paillette. Les éclairages tiennent davantage du décor, la vraie magie venant d’ailleurs. « En Savoie, on a ce décorum magnifique que sont les montagnes autour. »
L’an dernier, un concert s’est même joué devant un parterre inattendu. « Il y avait des petits veaux restés dans l’étable pendant que les mamans vaches étaient au pâturage, et qui écoutaient le concert. C’est un truc qu’on ne voit jamais » sourit la directrice. Pensés pour être donnés avant l’arrivée massive des touristes, ces rendez-vous s’adressent d’abord aux habitants. « C’est fait pour que les gens du coin en profitent. »
Bandonéon et contrebasse
Pour cette édition, quatre solistes se réunissent autour du programme : la mezzo-soprano franco-canadienne Irina de Baghy et l’altiste Arnaud Thorette, déjà venus l’an passé, rejoints par deux musiciens argentins formés en France, Fabrizio Colombo au bandonéon, « l’instrument typique pour jouer le tango, pas un accordéon » et Lucas Eubel Frontini à la contrebasse.
Reste une contrainte bien particulière à ce festival itinérant. « Accorder un piano en itinérance, c’est difficile, surtout dans une chèvrerie ou une bergerie » glisse Hélène Paillette, qui cherche pour l’occasion des formats souples. « Le contrebassiste vient avec sa contrebasse, mais c’est quand même plus facile qu’un piano à queue ! »
Find out more
- Concert « Du tango à l’opéra »
- Le 26/06 à 19h – Ferme du Planay, Villaroger
- Le 27/06 à 19h – Ferme de l’Adroit, Val d’Isère
- Le 28/06 à 11h30 – Bergerie de la Fya, Les Chapieux (Bourg Saint Maurice)
- Price : gratuit, entrée libre, participation libre, réservation conseillée
