À quelques heures de la France, le Val de Bagnes cultive une Suisse de montagne encore très vivante. Autour de Verbier et de La Tzoumaz, les sentiers longent d’anciens bisses, les cabanes font face aux glaciers, les alpages se visitent au rythme des troupeaux et la raclette se savoure toute l’année.
Ici, le dépaysement ne tient pas à une mise en scène. Il vient d’abord du paysage. Des villages accrochés aux pentes, des pâturages traversés par les vaches d’Hérens, des chemins d’altitude qui montent vers les refuges et ce mélange très suisse de précision, de tradition et de nature maîtrisée.
Les bisses, mémoire vivante du Valais
Dans le Valais, les bisses racontent une partie de l’histoire locale. Ces anciens canaux d’irrigation, aménagés dès le Moyen Âge, acheminaient l’eau des glaciers vers les cultures des vallées. Plusieurs sont encore entretenus aujourd’hui.
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Le bisse des Ravines traverse les hauteurs de Bruson entre prairies fleuries et forêts de mélèzes. Celui du Levron dessine un grand arc au-dessus de Verbier. Le bisse de Saxon, lui, déroule un itinéraire de 32 kilomètres entre Siviez et le col des Planches, en passant par La Tzoumaz.
Sur ce parcours, la passerelle des Dzoras ajoute une vraie note spectaculaire. Suspendue à 110 mètres, elle se rejoint depuis La Tzoumaz en environ 1h30 de marche. Le sentier reste accessible par tronçons, selon le niveau et l’envie des marcheurs.
Des cabanes pour vivre la montagne autrement
Le Val de Bagnes compte six cabanes d’altitude. Chanrion, Brunet, Mont Fort, FXB Panossière, Louvie ou encore Lein composent autant de points d’étape pour les randonneurs.
On y vient pour déjeuner, passer une nuit ou couper une grande itinérance. L’intérêt ne tient pas seulement au panorama. Il est aussi dans l’ambiance des grandes tablées, la simplicité des lieux et ce sentiment d’isolement qui donne à la montagne suisse une saveur particulière.
Pour les marcheurs aguerris, le Grand Tour des Combins reste l’un des itinéraires les plus marquants du secteur. Onze étapes, cinq vallées, environ neuf jours de randonnée autour d’un massif culminant à 4314 mètres. Moins fréquenté que le Tour du Mont-Blanc, le parcours traverse cols, glaciers, pâturages et anciens passages entre Suisse et Italie.
Une raclette qui ne se résume pas à l’hiver
Dans le Val de Bagnes, l’alpage n’est pas seulement un décor. À plus de 2000 mètres, celui de Sery-Laly accueille les visiteurs autour de brunchs servis dans un ancien abri de pierre transformé en buvette.
Fromages locaux, pain frais, confitures maison, lait d’alpage et jus de pomme se dégustent face au glacier du Petit Combin. Les clarines des vaches d’Hérens accompagnent le repas, sans folklore forcé.
L’expérience peut se prolonger sur un week-end agritouristique, avec randonnée, rencontre avec les bergers, nuit dans un abri de pierre et raclette partagée face aux sommets. Le tarif est annoncé à 220 francs suisses par adulte et 185 francs suisses par enfant dès 8 ans, hébergement et demi-pension compris.
Car ici, la raclette reste une affaire sérieuse. Trois laiteries et quatre alpages produisent le Raclette du Valais AOP. Chaque meule porte la marque de son lieu, de son altitude et des fleurs broutées par les troupeaux. À Verbier, on trouve même des distributeurs automatiques pour acheter à toute heure pommes de terre, charcuterie, cornichons et fromage.
