À 2 188 mètres d’altitude, sur la frontière franco-italienne, le col du Petit-Saint-Bernard (Haute Tarentaise) n’est pas qu’un simple point de passage. Lieu stratégique traversé par l’homme depuis la préhistoire, il concentre sur quelques hectares une histoire millénaire et un terrain de découverte à ciel ouvert. Un point d’information rouvre d’ailleurs chaque été pour inviter les visiteurs à s’y arrêter.
« Avant, les gens passaient et se disaient : qu’est-ce que c’est que cette bâtisse ? Maintenant, il y a une nouvelle dynamique » observe Lou Julien, responsable de l’accueil, plus de vingt saisons au compteur.
Une vocation d’accueil réinventée
L’histoire du col, ce sont d’abord les hospices fondés par saint Bernard aux frontières des Alpes. Si celui du Grand-Saint-Bernard, en Suisse, abrite toujours des moines et ouvre à l’année, celui du Petit-Saint-Bernard, lui, ne s’anime que l’été et a laissé l’esprit religieux derrière lui.

« On garde le même esprit d’accueil » résume Lou Julien. Pendant que Sophie et son équipe font vivre l’auberge-restaurant, le point d’information oriente les visiteurs. Et pas seulement sur le col. « On diffuse les deux vallées, la Tarentaise et le Val d’Aoste, et même au-delà. »
Un accueil qui séduit un public grandissant. « C’est de plus en plus connu, avec des visites guidées de plus en plus fréquentes » constate-t-elle. En cause, aussi, une montagne devenue estivale : « Les gens recherchent la fraîcheur, et ils aiment de plus en plus la montagne parce qu’il y a de quoi faire. »
Sur les traces des vestiges
Le premier incontournable, c’est le col lui-même, qui se parcourt comme un livre d’histoire à ciel ouvert. On y croise la statue de saint Bernard, perchée sur l’antique Colonne Joux, un cromlech celtique (ce mystérieux cercle de pierres), les ruines d’un établissement thermal romain et, joyau botanique, le jardin alpin Chanousia.
- READ MORE: Why does everyone now stop at the Petit-Saint-Bernard pass in the summer (and stay there)
Fondé par l’abbé Pierre Chanoux, « l’ange de la montagne » qui vécut ici hiver comme été et interdit la chasse autour du col, ce jardin rassemble la flore d’altitude des Alpes.

Côté marche, trois itinéraires accessibles à tous permettent de découvrir les lieux en douceur : « Au fil des frontières », balade familiale d’environ 5 kilomètres qui joue avec l’ancienne ligne de démarcation, « Le lac sans fond » et « Le sentier de la mémoire ». Trois parcours courts et culturels, « accessibles à tout le monde », souligne Lou Julien.
Les randonneurs plus aguerris viseront la Lancebranlette, la plus belle mais aussi la plus exigeante. « C’est là que vous avez une superbe vue sur toute la chaîne » promet-elle. Avec ses quelque 700 mètres de dénivelé, mieux vaut avoir les mollets prêts.
À vélo, et une nouveauté pour clôturer l’été
Le col est aussi un terrain de jeu pour les cyclistes, qui peuvent grimper depuis Bourg-Saint-Maurice ou depuis La Thuile, côté italien. Bonne nouvelle pour ceux qui veulent laisser la voiture au garage.

Une navette monte désormais depuis Bourg, permettant de passer la journée sur place avec au programme balade culturelle, point de restauration et découverte du col des deux côtés de la frontière. « Les gens montent à vélo ou sans, et n’ont plus besoin de prendre leur voiture. »
Et pour finir la saison en beauté, une nouveauté attend les amateurs de bitume : la Bernardette, une cyclosportive programmée le 6 septembre. Rendez-vous jusqu’aux premières neiges, le col restant ouvert de fin mai à début octobre. L’hiver venu, on ne s’y retrouve plus qu’à ski, entre La Rosière et La Thuile.
