Il a fallu attendre 1987 pour que des habitants du hameau de Saint-Germain et des bénévoles de la commune de See décident de relever de ses ruines un vieux moulin à farine. Depuis, celui-ci ouvre régulièrement ses portes aux visiteurs. Une aventure qu’Émilie Arnollet, animatrice patrimoine et responsable du site, nous raconte avec passion.
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Le moulin daterait de la fin du XVIIe siècle, à l’époque où l’on a commencé à comprendre comment exploiter la force motrice de l’eau pour actionner des engrenages. « On mettait une scierie, une filature… Ici, en l’occurrence, c’est un moulin à farine » raconte dans Le Petit Montagnard Émilie Arnollet.
Une petite rivière coule à proximité, mais c’est un canal d’amenée qui alimente la roue, une roue « à augets », comme de petits seaux qui se remplissent d’eau et font basculer la roue par leur propre poids, plutôt qu’une roue à aubes classique.
Aujourd’hui, pour ne pas l’abîmer, elle tourne à environ huit tours par minute, quand il en aurait fallu quarante pour une efficacité optimale à l’époque. Un rythme calé sur le débit de la rivière, qui grimpe au printemps avec la fonte des neiges, et de nouveau à l’automne, aux moment des fortes pluies.
Des ruines relevées par des bénévoles
Fait tout en bois à l’origine, le moulin a longtemps souffert des rigueurs de la montagne. « Avec la neige l’hiver, les avalanches, il fallait être constamment en train de le réparer » explique Émilie Arnollet.
Après-guerre, la farine et le pain s’achetaient plus facilement en vallée, et le pain lui-même perdait sa place centrale dans l’alimentation.

Le moulin tombe alors en ruine, jusqu’à ce qu’en 1985, des bénévoles décident de le faire renaître. La mairie rachète l’édifice pour un franc symbolique aux différents propriétaires, fournit les matériaux, et ce sont les bénévoles qui assurent toute la reconstruction.
« Par souci de solidité, la grande roue extérieure et la structure ont depuis été refaites en fer, seules les dents du mécanisme d’engrenage restant en bois, entretenues au fil des saisons. »
Du grain au pain, un savoir-faire intact
À l’intérieur, deux grosses meules striées écrasent le grain versé au-dessus, avant que la farine ne descende dans un blutoir. Une sorte de grand tamis actionné, lui aussi, par la force de l’eau.
Les petits bouts de bois qui viennent frapper la toile séparent la farine de l’enveloppe du grain, récupérée ensuite pour nourrir les animaux. « Autrefois, chaque famille repartait avec sa farine, moins la part due au meunier. »
Le moulin abrite aussi un four à pain, dont la voûte a été calculée avec soin par un bénévole ingénieur pour supporter la dilatation des pierres à la cuisson.

On y prépare la pâte dans un authentique pétrin mécanique, don d’un ancien boulanger de la vallée, où chaque fournée familiale portait sa propre marque, gravée au couteau ou tamponnée, pour différencier les pâtons lors de la cuisson commune.
Une spécialité locale accompagne souvent le pain : les croquants à l’anis, parfumés d’une variété d’anis autrefois cultivée dans les champs alentour.
Aujourd’hui, l’activité du moulin reste avant tout patrimoniale, mais quelques fournées de pain et de brioche sont encore organisées l’été. La prochaine est d’ailleurs prévue le 18 juillet. Comme le veut la logique bénévole des lieux, mieux vaut réserver son pain à l’avance. « La quantité préparée dépend directement des demandes. »
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- Ouverture guidée : du 29/06 au 27/08/2026, les lundi, mardi, mercredi et jeudi de 10h à 12h
- Journées du patrimoine : les 19 et 20/09/2026, de 15h à 18h
- Price : entrée libre
- Contact: 04 79 41 00 54 – accueilbis@seez.fr
- Website : www.seez.fr
