C’est l’un des refuges les plus emblématiques des Alpes-Maritimes qui s’apprête à changer de visage. Perché à 2 130 mètres d’altitude, le refuge des Merveilles va faire l’objet d’une rénovation complète. Un chantier estimé à 3,5 millions d’euros, porté par la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM), qui pourrait débuter à l’été 2027 pour une réouverture annoncée en 2029.
Le refuge n’en est pas à sa première vie. Construit en 1913 pour loger les ouvriers du barrage du lac, il a servi de caserne à des soldats italiens durant la Seconde Guerre mondiale, avant d’être cédé au Club alpin français en 1949.
Chaque année, il accueille environ 8 000 nuitées, mais ses équipements et son organisation ne suivent plus. La FFCAM juge le bâtiment vieillissant, plus aux normes, et mal intégré dans ce site classé.
Le projet vise donc à réorganiser entièrement l’intérieur tout en conservant la capacité d’accueil actuelle. Il faut dire que le refuge est un assemblage de trois volumes, datant de 1913, 1970 et 2000.
Les façades en pierre de la partie la plus ancienne seront préservées, les extensions habillées de bois et les toitures aujourd’hui discontinues unifiées pour une meilleure harmonie avec le paysage.
Plus d’espace, une vue à couper le souffle
À l’intérieur, tout est repensé. L’aile ouest, tournée vers le lac et la vallée des Merveilles, regroupera les espaces collectifs. La salle commune s’ouvrira sur le paysage grâce à de larges baies vitrées, avec vue sur le lac et le mont Bégo.

À l’étage, les randonneurs disposeront de sept dortoirs de six à 22 places, avec les sanitaires regroupés au même niveau, tandis que l’accueil sera associé à un vestiaire-séchoir faisant aussi office de local hors-sac.
Un refuge plus sobre et ouvert l’hiver
La rénovation mise aussi sur la sobriété. Exit les douches, remplacées par des cabines-lavabos pour réduire la consommation d’eau et d’énergie, ainsi que les eaux grises à traiter.
Des toilettes sèches seront installées au rez-de-jardin, accessibles également au public de passage. Côté énergie, le futur refuge combinera panneaux photovoltaïques et thermiques, complétés d’une chaudière à bois qui permettra un fonctionnement hivernal. Le refuge pourra alors être gardé pour les activités de neige.
Reste une contrainte de taille : le site lui-même. Le refuge jouxte la vallée des Merveilles, site archéologique classé qui abrite près de 100 000 gravures rupestres du Néolithique et de l’âge du Bronze.
Le projet a donc été élaboré avec les Architectes des bâtiments de France et le parc national du Mercantour. Si le calendrier se confirme – sous réserve des autorisations, des entreprises et des subventions -, le refuge fermera ses portes dès la fin du printemps 2027, le temps de renaître.
