À Tignes, quand les fronts de neige s’emplissent de skis fraîchement fartés et que les rues vibrent au rythme des arrivées de vacanciers, rares sont les adresses qui traversent les saisons sans jamais baisser le rideau. L’Escale Blanche fait partie de ces exceptions.
Avant d’être un restaurant, l’Escale Blanche était un refuge d’alpage, installé à la sortie du village, bien avant la mise en eau du barrage. À l’intérieur, un mur d’origine rappelle encore ce passé pastoral. Martial Debut a repris l’adresse en 2000, avec une idée simple : ne plus jamais fermer.
« En restant ouvert toute l’année, on peut fidéliser une équipe, garder une activité pour les locaux et continuer à faire vivre le quartier même quand les touristes se font plus rares » explique-t-il. Aujourd’hui, quatorze salariés composent cette équipe stable, un luxe en altitude.
Une table chaleureuse après la journée de ski
En hiver, l’Escale Blanche tourne à plein régime. À la sortie des pistes, skieurs britanniques, familles françaises et habitués du coin s’y retrouvent autour d’une carte 100 % maison. Fondues, pierrades, spécialités savoyardes et desserts préparés sur place composent l’ossature du menu.

« On travaille uniquement du frais, avec beaucoup de produits locaux, surtout pour les fromages » précise Martial. Le soir, le panier moyen tourne autour de 45 euros, et près de 80 % de la clientèle hivernale est étrangère, principalement anglaise.
Une ambiance cosmopolite, mais toujours détendue, où l’on vient autant pour manger que pour prolonger la journée de glisse.
Une station qui change, une adresse qui s’adapte
En un quart de siècle, Martial Debut a vu Tignes évoluer. « La station est devenue beaucoup plus dynamique l’été, mais l’hiver reste le cœur battant. Aujourd’hui, les gens viennent chercher autre chose qu’un simple séjour ski : une expérience globale. »
À une centaine de mètres de l’Escale Blanche, il a d’ailleurs ouvert il y a deux ans Julietta 23, une table entièrement dédiée à la cuisine italienne, des produits jusqu’au tiramisu minute.
Son parcours personnel éclaire aussi cette fidélité à la montagne. Originaire de banlieue parisienne, Martial a choisi Tignes comme un nouveau départ. « Je voulais une autre vie. » Vingt-cinq ans plus tard, il vit toujours à plus de 2 100 mètres d’altitude, à la tête d’un restaurant devenu un repère pour bien des visiteurs… et une véritable institution pour les habitants.
