En hiver, quand Tignes tourne à plein régime et que les tarifs s’envolent, certaines adresses continuent de cultiver une autre idée de la montagne. Plus simple, plus humaine, plus juste. Sur la rive sud du lac, face à l’étendue figée par le froid et aux sommets du parc de la Vanoise, Le Terril Blanc fait partie de ces refuges rares. Un hôtel discret, à taille humaine, qui traverse les saisons sans jamais renier son ADN.
Seul hôtel deux étoiles de la station, ouvert été comme hiver, l’établissement offre un privilège devenu presque insolite à Tignes : une vue directe sur le lac, sans artifice, sans surenchère.
L’hiver, le décor change. Le bleu turquoise laisse place à une surface gelée, parfois poudrée de neige, où la lumière accroche les balcons dès le matin. Un spectacle quotidien, silencieux, que les clients découvrent depuis leur chambre ou autour du petit-déjeuner.
Une histoire familiale ancrée dans la station
Le Terril Blanc n’est pas une adresse sortie de terre au gré des modes. Il fait partie des tout premiers bâtiments de la station nouvelle. Construit en 1967 par les parents de Béatrice Leclercq, sur un terrain offert par son grand-père, l’hôtel est avant tout une histoire de transmission.
« C’était un cadeau de mariage que notre grand-père a fait à nos parents » raconte-t-elle. « Ils l’ont tenu pendant trente-trois ans, avant qu’il soit loué. Ma sœur et moi l’avons repris en 2019, juste avant le Covid. »
Depuis, Béatrice assure la gestion à plein temps, épaulée par sa sœur. Une reprise sans rupture, dans le respect de l’esprit d’origine. Accueillir simplement, sans chercher à rivaliser avec les standards parfois impersonnels de la grande hôtellerie d’altitude.
L’hiver, comme à la maison
Au Terril Blanc, l’hiver se vit dans une atmosphère feutrée. Les chambres côté sud disposent toutes d’un balcon avec vue sur le lac. On y revient après le ski, le visage encore rosé par le froid, pour retrouver une literie confortable, une chaleur douce et ce sentiment rare, à Tignes, d’être attendu.
« Il n’y a plus beaucoup de deux étoiles ici. Nous, on veut rester accessibles » insiste Béatrice. Les tarifs varient selon la période hivernale, mais l’esprit demeure. Un hébergement soigné, un petit-déjeuner généreux, et un accueil où les habitués croisent les nouveaux venus, où les conversations se nouent naturellement.

L’hôtel accueille aussi bien des familles que des groupes de skieurs ou des couples venus chercher le calme, à l’écart des grands fronts de neige, tout en restant connectés à la vie de la station.
Si Le Terril Blanc revendique sa simplicité, il n’est pas figé dans le passé. Chaque année, des améliorations sont apportées, par touches. Double vitrage, terrasses rénovées, têtes thermostatiques dans les chambres, douches équipées d’indicateurs de consommation d’eau : l’hôtel avance avec son temps, sans perdre son âme.
Une adresse ouverte, même hors saison
Derrière le comptoir, le bois travaillé par le père de Béatrice est toujours là. Un détail parmi d’autres, mais qui dit beaucoup de cette volonté de préserver l’héritage familial tout en réduisant l’impact environnemental.
Contrairement à de nombreux établissements qui ferment entre deux périodes, Le Terril Blanc reste ouvert une grande partie de l’année. En hiver, cette continuité en fait un véritable point d’ancrage pour ceux qui fréquentent Tignes autrement, loin des seuls pics de fréquentation.
L’été, la terrasse s’anime grâce à un partenariat avec un restaurateur installé juste en contrebas. L’hiver, le calme reprend ses droits. Le lac gelé devient alors le véritable luxe de l’adresse : un paysage vivant, changeant, que l’on observe au fil des jours.
