Du 2 au 5 mars 2026, le Val d’Arly accueille la 3e édition de son Festival Street Art. Quarante artistes, quatre stations-villages, des fresques en direct et des shows nocturnes. La culture urbaine prend de l’altitude. Près de 3 000 visiteurs sont attendus.
À première vue, rien ne prédestinait ces villages savoyards à devenir un terrain d’expression pour graffeurs et plasticiens contemporains. Et pourtant. Pendant quatre jours, Crest-Voland / Cohennoz, La Giettaz en Aravis, Flumet / Saint-Nicolas-la-Chapelle et Notre-Dame-de-Bellecombe vont voir leurs façades, leurs télécabines et même leurs pistes se transformer en ateliers à ciel ouvert.
« Notre territoire est très authentique, avec un énorme capital sympathie. On communique beaucoup sur cet ADN. Mais une fois par an, avec ce festival, on casse les codes. On attire une lumière complètement différente, inédite en montagne » explique dans Le Petit Montagnard Stanislas Tochitch, directeur de l’Office de Tourisme du Val d’Arly, coorganisateur de l’événement avec la galerie Papajosette.
Avec des figures reconnues de la scène street art
Premier rendez-vous du genre en station de ski en France, le festival assume ce décalage. Les artistes, habitués aux friches industrielles et aux murs urbains, travaillent ici face aux sommets enneigés. Le cahier des charges est simple.
Évoquer la montagne, chacun à sa manière. Glace, cycle de l’eau, silhouettes contemplant les crêtes, abstractions inspirées des reliefs… aucune thématique imposée, mais une obligation d’interprétation.

Parmi la quarantaine de créateurs invités, des figures reconnues de la scène street art comme SARO, Rom Art Crime, CRBZ, Ezea ou Pikanoa, mais aussi de nouveaux talents et des artistes locaux. « On essaie de renouveler environ un tiers des participants chaque année, tout en gardant des têtes d’affiche. C’est important pour l’équilibre » précise le directeur.
Huit nouveaux lieux ont été sélectionnés pour accueillir des œuvres pérennes. L’idée, à terme, est de constituer un véritable parcours artistique à travers le territoire, enrichi chaque année d’une dizaine de fresques supplémentaires. À côté de ces créations durables, le festival laisse aussi place à l’éphémère : interventions sur neige, installations temporaires, performances live.
descentes aux flambeaux et feux d’artifice chaque soir
Chaque station accueille son temps fort. L’ouverture, le 2 mars à Crest-Voland / Cohennoz, donnera le ton avec un vernissage et des animations dans la télécabine de la Logère. Le 3 mars, La Giettaz proposera un show spectaculaire mêlant VTT et ski freestyle avec Winter X Sports Shows.
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Le lendemain, à Flumet, quatre artistes peindront en direct sur des lettres gonflables géantes de trois mètres de haut, avant un show laser projeté sur un bâtiment. Clôture à Notre-Dame-de-Bellecombe le 5 mars avec ski show et concert. Chaque soir, descentes aux flambeaux et feux d’artifice rythmeront les festivités.
Le festival séduit bien au-delà du massif. « On voit des visiteurs venir de Lausanne, Genève ou Chambéry. Les artistes ont leurs fans, leurs communautés. Certains les suivent de ville en ville » observe Stanislas Tochitch. L’événement n’est pas le plus massif de la discipline, mais il revendique une singularité forte : faire dialoguer art urbain et paysages alpins.
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Pour les enfants, des ateliers de graff digital, de réalité virtuelle ou de customisation de mini-dameuses complètent la programmation. Entre expositions, concerts, démonstrations sportives et rencontres, le Val d’Arly s’apprête, une fois encore, à repeindre la montagne autrement.
