Le débat revient sur le devant de la scène. Alors que l’Italie impose désormais le port du casque sur les pistes, le sujet gagne du terrain en France. Le syndicat des moniteurs de ski français se dit favorable à sa généralisation, sans aller jusqu’à réclamer une obligation stricte.
Longtemps discret sur la question, le Syndicat National des Moniteurs du Ski Français a récemment clarifié sa position. Pour son président Éric Brèche, le port du casque s’inscrit dans une logique de responsabilité.
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« En tant qu’éducateurs sportifs, nous devons adopter un comportement responsable. Et le casque en fait partie » explique-t-il.
Sur les pistes, les conditions ont évolué. Neige parfois plus dure, fréquentation en hausse sur certains secteurs, vitesse plus élevée… autant de facteurs qui poussent à renforcer la protection des skieurs.
Une pratique déjà largement adoptée
Dans les faits, le casque s’est déjà imposé. Selon les données du Système national d’observation de la sécurité en montagne, plus de 9 skieurs sur 10 en sont équipés. Chez les enfants, le taux atteint même 97 %.
Dans de nombreuses écoles de ski, le casque est d’ailleurs devenu obligatoire pour les plus jeunes.
Chez les moniteurs, la situation est un peu différente. Environ 77 % en portent, selon une enquête interne. Les derniers réticents sont souvent liés à des habitudes anciennes, davantage qu’à des contraintes techniques.
Une protection utile, mais pas absolue
Sur le plan médical, le casque apporte un réel bénéfice, notamment contre les chocs directs et les fractures du crâne. Mais il ne règle pas tout.
« Il protège des impacts, mais son effet reste limité sur les commotions » rappelle un médecin de montagne. Le risque d’excès de confiance existe aussi, certains skieurs ayant tendance à se sentir trop protégés.
Malgré ces limites, les professionnels s’accordent sur un point : le casque améliore nettement la sécurité globale.
L’exemple italien, un tournant ?
Depuis cet hiver, l’Italie a franchi un cap en rendant le casque obligatoire sur l’ensemble de ses pistes, avec une amende pouvant atteindre 150 euros.
Une règle qui concerne directement certains skieurs français, notamment dans les domaines transfrontaliers comme La Rosière ou Montgenèvre. Passer la frontière sans casque peut désormais coûter cher.
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En France, aucune obligation n’est encore à l’ordre du jour. Mais la prise de position du syndicat des moniteurs marque une étape supplémentaire dans un débat qui pourrait s’intensifier dans les prochaines années.
Sur les pistes, en tout cas, le casque est déjà devenu la norme. Reste à savoir si la loi viendra un jour l’imposer.
