Skis aux pieds, vapeur du hammam, musique latino en fond sonore. Au Val Claret, l’hôtel Ynycio cultive un art de vivre inattendu à 2 100 mètres d’altitude. Une adresse quatre étoiles qui assume son décalage et séduit une clientèle en quête d’expérience autant que de glisse.
La neige recouvre les toits, les dameuses tracent leurs dernières lignes dans la pénombre du matin, et depuis les balcons, le regard plonge sur les reliefs immaculés du domaine de Tignes.
À deux pas des remontées, l’Ynycio s’impose comme un refuge contemporain où l’hiver se vit intensément. Dehors sur les pistes, dedans dans une atmosphère chaleureuse.
Construit il y a trois ans par le groupe familial Mountains, l’établissement tranche avec les codes alpins traditionnels. Ici, le bois clair dialogue avec des touches plus vibrantes, l’architecture reste élégante sans être ostentatoire, et l’accueil se veut soigné mais décontracté.
Skier, rentrer, se détendre
Le vrai luxe ? Sortir de l’hôtel, glisser quelques mètres et chausser les skis. Le Val Claret déroule ses pistes au seuil de la porte. Pas de navette, pas de voiture. Le domaine s’ouvre immédiatement.
« L’accès direct aux pistes est un atout déterminant l’hiver. Les clients apprécient de pouvoir partir et revenir skis aux pieds » confie un membre de l’équipe.
Après une journée à enchaîner les descentes, on retrouve le calme feutré de l’espace bien-être. Piscine intérieure baignée de lumière, sauna, hammam, jacuzzi : la vue sur les sommets enneigés accompagne chaque instant. Le contraste entre l’air vif du dehors et la chaleur enveloppante du spa fait partie du rituel.
L'Ynycio compte une trentaine d’appartements, du deux-pièces cosy à la grande suite familiale pouvant accueillir jusqu’à huit personnes. L’hiver, le tarif hebdomadaire avoisine les 3 000 euros selon la période. Un positionnement assumé pour une prestation complète, entre résidence haut de gamme et services hôteliers.
Une parenthèse latino à 2 100 mètres
Et puis il y a Bazurto. Le restaurant hivernal de l’hôtel, imaginé avec le chef Juan Arbelaez, apporte une tonalité singulière à l’adresse.
Derrière les grandes baies vitrées, les assiettes colorées contrastent avec le blanc extérieur. Cuisine colombienne revisitée, épices maîtrisées, ambiance feutrée qui bascule parfois vers le festif en soirée.
À cette altitude, l’effet de surprise fonctionne. Les convives passent de la poudreuse à la cumbia en quelques heures, sans quitter la station.
« Les clients cherchent plus qu’un hébergement. Ils veulent une atmosphère, une signature. Bazurto participe clairement à l’identité du lieu » glisse-t-on en salle.
L’empreinte Montagnettes
Behind theYnycio, le groupe Mountains poursuit son développement alpin entamé dans les années 1990. De Val Thorens à La Plagne, la maison familiale a bâti sa réputation sur une hôtellerie intégrée à son environnement, attentive aux détails et à l’expérience globale.
À Tignes, elle exploite également l’hôtel Le Taos. Ailleurs, elle décline différents concepts selon les publics : familles, séjours premium, résidences avec spa et restauration.
« Nous affichons presque complet sur les périodes fortes » confirme l’équipe. La clientèle mêle Français et anglophones, habitués des grands domaines ou nouveaux venus séduits par le confort et la localisation stratégique.
Quand la nuit tombe sur le glacier et que les lumières du domaine s’éteignent peu à peu, l’Ynycio continue de vivre. Un dernier plongeon dans l’eau chaude, un cocktail aux accents sud-américains, les skis séchant dans l’entrée. À Tignes, l’hiver peut aussi avoir un parfum d’ailleurs.
